Rebecca Jacquin et Yoan Sayag : deux nouveaux co-présidents au Keren Hayessod pour reconstruire l’après 7 octobre et transmettre aux nouvelles générations.
Découvrez leur interview ci-dessous :
1) Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Rebecca Jacquin
Je suis notaire à Paris 8e, associée, et mère de quatre enfants. Mon métier touche à ce que les familles ont de plus intime : leurs familles, leurs histoires, leurs blessures,
leurs transmissions. Cela structure aussi ma manière de m’engager : créer de la continuité, là où tout pourrait se fragmenter. J’ai présidé jusqu’à présent la division féminine du Keren Hayessod.
Yoan Sayag
J’ai 35 ans, je suis père de trois enfants et entrepreneur. Je viens de l’e-commerce et du développement de marques, avec une expérience de structuration et de croissance, en ligne comme en boutiques. J’ai été responsable du Young leadership, la branche jeunesse du Keren Hayessod.
2) Quel est votre lien personnel avec Israël ?
Rebecca Jacquin
Israël est une réalité familiale et affective. J’y ai de merveilleux souvenirs mais depuis le 7 octobre, des blessures se sont ouvertes. Mon lien avec Israël, c’est aussi celui que j’ai avec le Keren Hayessod. Je suis une « KH baby » et depuis 2013, le Keren Hayessod est comme une seconde famille. J’y ai grandi, j’ai appris à donner, à organiser, à agir.
Yoan Sayag
Mon lien est viscéral, difficile à rationaliser. Mon premier voyage à 21 ans a été un choc émotionnel, puis il y en a eu beaucoup d’autres. J’ai ressenti très vite ce sentiment d’être “à la maison”, et un voyage du Keren Hayessod m’a fait mesurer, de manière concrète, l’impact des actions du KH sur le terrain
3 ) Comment avez-vous découvert le Keren Hayessod et qu’est-ce qui vous a convaincus de vous y impliquer ?
Rebecca Jacquin
J’ai découvert une institution ancienne, solide, mais tournée vers l’action et le présent. Pour moi, elle représente un outil stratégique, pas un simple rendez-vous mondain. J’y ai grandi comme bénévole, puis en présidant la division féminine. J’ai développé des projets, j’y ai appris la rigueur et la loyauté.
Yoan Sayag
Je l’ai découvert en 2015 lors d’une soirée à Nice, puis j’ai commencé à donner régulièrement. Le basculement a été le terrain : voir les projets, les visages des bénéficiaires, les résultats. Lorsque l’on visualise l’impact réel de chaque euro collecté, on en envie d’en faire dix fois plus.
4) Quel est le sens profond de votre engagement ?
Rebecca Jacquin
Si j’ai accepté la co-présidence, c’est parce que le Keren Hayessod n’est plus seulement un lieu d’engagement : c’est un pilier vital pour Israël et le peuple juif. Et on ne délègue pas un héritage quand il est menacé. Nous sommes entrés dans un temps de la reconstruction nationale, psychologique et morale d’Israël.
Yoan Sayag
Je suis très en phase avec Rebecca : l’engagement n’est pas une réaction, c’est une responsabilité. Pour moi, il s’enracine aussi dans la mémoire de la Shoah et dans la conscience de la chance d’avoir un État capable de protéger le peuple juif.
5) Quelle est, selon vous, la mission centrale du Keren Hayessod aujourd’hui ? Quels axes prioritaires porterez-vous ?
Rebecca Jacquin
Soutenir Israël là où aucun autre acteur ne peut agir aussi vite, aussi profondément, aussi durablement. Nous voulons agir prioritairement sur la reconstruction physique
et psychologique avec la prise en charge du traumatisme post-7 octobre, l’aide aux institutions de soins, d’éducation et d’intégration. Un axe essentiel est aussi la transmission : faire grandir le lien à Israël chez les jeunes générations de la diaspora.
Yoan Sayag
J’ajouterais aussi dans les priorités, un enjeu de mobilisation : structurer l’élan né après le 7 octobre, engager davantage de jeunes actifs et d’entrepreneurs, et faire comprendre que le KH est le lien naturel entre la diaspora et Israël, avec des projets concrets et mesurables.
6) Quel message adressez-vous à la communauté juive de France et aux donateurs ?
Rebecca Jacquin
Nous vivons un moment où l’Histoire nous regarde. Chacun devra choisir s’il veut être spectateur ou acteur. Le Keren Hayessod est l’endroit où l’on transforme l’émotion en responsabilité, la peur en action et la solidarité en avenir. Parce que ce que nous construisons aujourd’hui, ce sont les racines du peuple juif de demain.
Yoan Sayag
La communauté juive de France peut être fière. Après le 7 octobre, vous avez répondu présent, de manière exemplaire, financièrement et humainement sur le terrain. Aujourd’hui même si l’actualité semble moins brûlante même si les derniers otages sont rentrés, notre soutien doit se poursuivre : aide aux victimes, aux familles, aux blessés, aux kibboutzim. Nous devons tenir dans la durée, et le Keren Hayessod sera lien essentiel entre chaque Juif de France et Israël.
Les défis sont immenses. Ensemble nous continuerons à répondre présent !